Ouïghours, la liste mise à jour des marques accusées.


Certaines marques ont disparu de la liste, d'autres, telles que Apple, Nike, Fila, Zara ou Victoria's Secret,... sont toujours épinglées et accusées de bénéficier du travail forcé des Ouïghours.

Ouïghours, la liste mise à jour des marques accusées

Le Samedi 2 Octobre dernier se tenait à Paris une marche "Contre Génocide Ouïghours". Cette manifestation a rassemblé, selon ses organisateurs, plus de 2 000 participants venus de plusieurs pays à travers l'Europe. 

C'est la première fois que plusieurs associations Européennes ont pu se rassembler simultanément pour faire de Paris, le temps d'une journée, la Capitale de "la lutte contre les discriminations et les traitements accordés à la minorité turcophone persécutée au Xinjiang, en Chine."

Parmi les personnes en tête du cortège des élus belges, dont le chef du Parti Socialiste Paul Magnette, Yannick Jadot, candidat EELV à la présidentielle Française, Assa Traoré, militante antiraciste ou encore Raphaël Glucksmann, député Européen et figure médiatique de cette cause.

C'est ce dernier qui a divulgué sur les réseaux sociaux la dernière liste à jour des marques accusées de bénéficier du travail forcé des ouïghours selon le rapport d'ASPI. 

 

Des difficultés pour les marques à se retirer.

Parmi la première liste de 83 marques publiée en Mars 2020, certaines se sont dit concernées. Parmi elles, H&M, Adidas ou encore Nike ont annoncé prendre des dispositions. Nike certifie avoir arrêté d'acheter du coton en provenance de la région de Xinjiang et avait publié en 2020 un communiqué faisant fois de sa décision. Néanmoins, cette dernière se retrouve toujours affichée, aux côtés de ASOS, Bohoo, Asics,... parmi les clients de la BCI, la banque principale de coton s'approvisionnant dans le Xianjiang, épinglée pour avoir fait disparaître de son site ses mesures anti-Xianjiang.

Adidas, Tommy Hilfiger, Lacoste, Clavin Klein, Uniqlo, Abercrombie & Fitch ou encore H&M ont tenu bon leur décision officielle de se retirer des chaines d'approvisionnement suspectes. Décision qui n'a pas été sans conséquences pour certaines. Alors qu'Adidas laissait Raphaël Glucksmann publier sur instagram une lettre de la firme lui étant adressé, le géant H&M, lui, avait admis, lors d'une commission parlementaire en Grande-Bretagne des difficultés pour retracer avec précision sa chaîne d'approvisionnement, qu'elle jugeait comme complexe. En septembre 2020, la multi-nationale a publié sa position en affirmant cesser toute relation avec un producteur de fil chinois dénoncé par l'ONG australienne.

La position de ces marques a provoqué les foudres de la Chine. En représailles, Alibaba a retiré de la vente les produits H&M de sa plateforme Taobao. L'enseigne est également passée a côté d'un de ses gros contrats avec le FC Barcelone pour sa prise de position. Contrat qui aurait pu s'élever à 3 millions d'euros par an si il avait pu aboutir.

Zara, vraiment touchée par le Boycott ?

Malgré son nom sur la liste, Zara continu de rejeter les accusations et affirme ne pas avoir de lien avec la région de Xianjiang. Elle a refusé de répondre à l'appel international de la coalition mondiale contre le travail forcé des Ouïghours en Juillet 2020. Cela n'a pas empêché Inditex, le groupe auquel appartient la marque, d'afficher une hausse net des ventes de 2% en 2020 malgré la pandémie. Les ventes en ligne se sont envolées avec un montant dépassant les 3 milliards d'euros et l'enseigne annonce la multiplication de la surface de vente de ses magasins. Ce 1er Octobre Zara s'est ainsi offert son plus grand magasin de France avec près de 5 000 m2. C'est le groupe Unibail-Rodamco-Westfield qui a implanté la firme dans son centre commercial Westfield les 4 Temps au coeur du quartier de la Défense, à proximité de Paris. Offrant ainsi à Zara une visibilité auprès de 44,3 millions de visiteurs annuels.

Que répond la Chine à ces accusations ? 

La Chine maintient sa position : les camps de travail forcé sont en réalité des "centres de formation professionnelle" destinés à fournir un emploi et une meilleure situation à une partie de la population. La porte-parole du gouvernement Hua Chunying a ainsi déclaré à l'occasion d'un point-presse : "Une chose est toute fois certaine : les Chinois n'autoriseront probablement pas des étrangers à profiter de la largesse de la Chine tout en la critiquant".

De son côté, la Maire de Paris ne s'est pas laissée impressionnée et a annoncé l'ouverture d'une maison des Ouïghours qui ouvrira ses portes dans la capitale le 12 Novembre prochain.

 

 


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