Vogue France joue l'inclusion avec Aya Nakamura


Vogue France a su faire de sa première couverture (anciennement Vogue Paris) un numéro culte dès sa sortie. C'est la chanteuse Aya Nakamura qui a été choisie par la rédaction pour cette nouvelle édition. Un choix qui a son importance lorsque l'on sait que dans les années 60, ce même magazine renvoyait sa rédactrice en chef pour avoir proposé de mettre une mannequin noire en Une.

L'inclusion à l'honneur pour le premier numéro de Vogue France avec Aya Nakamura

Vogue Paris, devenu Vogue France au message plus universel et inclusif

“La liberté. La liberté de s'habiller comme on l’entend, de penser autrement, de mettre toutes les couleurs sur ses ongles, ses cheveux, ses joues… De clamer haut et fort son identité, de célébrer ses différences. Le tout premier numéro de Vogue France rendra hommage et célèbrera l'individualité", a écrit Eugénie Trochu, Responsable du contenu éditorial, pour son premier édito de Vogue France dans le numéro de novembre 2021. Le Magazine a tenu à se détacher de son image élitiste Parisienne en "rendant hommage et célébrant l'individualité". Pour ce faire, la rédaction à choisi Aya Nakamura, icône de la nouvelle génération, la chanteuse - autrice - compositrice incarne la réussite mais aussi le changement en étant la première femme noire française à faire la couverture de la version Vogue France !

Une couverture inclusive qui a son importance

Largement saluée sur la toile, cette couverture de Aya Nakamura vêtue en Balenciaga Haute Coulure par la styliste Gabriella Karefa-Johnson et photographiée par Carlijn Jacobs n'est pas sans importance. La symbolique d'un média plus inclusif se fait sentir. En 1988, c'est Naomi Campbell qui posait pour le magazine et non sans mal. Elle racontera dans plusieurs interviews que c'est Yves Saint Laurent en personne qui aurait fait pression afin qu'elle obtienne la couverture, en menaçant de retirer son budget publicitaire du média. Vingt en plus tôt c'est la rédactrice en chef Edmonde Charles Roux, véritable précurseuse de l'époque, qui avait soumis la mise en avant d'une femme noire en couverture après l'apparition de la mannequin Donyale Luna en une de la version britannique de Vogue en 1966. Dans un entretien au Journal le Monde en 2001, elle expliquait "Quand je suis allée chercher mon salaire chez le comptable,..., il m'a tendu l'enveloppe en disant - je crains bien que ce ne soit la dernière -. Je n'avais pas conscience que cette image allait à ce point choquer, il n'y avait aucun désir de provocation de ma part." 

Si la première de Naomi Campbell dans les années 80 s'est fait remarquée, les couvertures Vogue France affichant une femme noire reste encore rares se comptant depuis sur les doigts d'une main. Le choix d'Aya Nakamura, en "Divine Diva" de ce numéro ne pouvait donc être que salué.

Un style Grace Jones pour une Aya Nakamura en Diva

Ce souffle de vent nouveau rappel le style de la mannequin jamaïcaine Grace Jones, grand chapeau, yeux perçants, le souvenir de cette période des années 80 pourrait être un clin d'oeil à cette première de Naomi Campbell. 

"Je veux changer l'image de la femme française pour que tout le monde se reconnaisse. Aya Nakamura est une personnalité qui parle à tout le monde. Ici, on l'a métamorphosée : elle est chic tout en restant elle-même, une figure accessible qui incarne la femme française" a expliqué Eugénie Trochu au quotidien Les Echos.

Un renouveau qui nous fait du bien, pour tout dire, nous avons hâte de découvrir le prochain numéro afin de voir se tournant de mode inclusive que propose ce nouveau Vogue France.


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